Eoliennes offshores et oiseaux marins

Inépuisable, le vent permet une production d’énergie moins compromettante pour l’avenir de la planète et c’est aujourd’hui en mer que les aérogénérateurs se multiplient, notamment sur toute la façade nord-atlantique européenne. En réponse au Grenelle de l’Environnement et à l’objectif de 23% d’énergies renouvelables d’ici 2020, la France investit dans cette filière pour concrétiser ses ambitions énergétiques : le pays possède un fort potentiel de vent et les côtes françaises du nord-ouest sont particulièrement adaptées à l’éolien offshore posé, seule solution actuellement existante en mer.

Malgré ses avantages pour l’Homme, l’activité d’éolien offshore interagit avec les oiseaux marins et les habitats qu’ils utilisent : les éoliennes et l’avifaune sont en compétition pour l’espace maritime aérien. Comme démontré avec l’éolien terrestre, cette activité humaine en mer génère de multiples impacts sur les espèces, c’est pourquoi le recours à cette technologie ne doit pas interférer avec les efforts réalisés pour la conservation de la biodiversité marine. Ainsi, la LPO, à travers le programme FAME, s’est intéressée aux premiers projets de parc éolien en mer sur les côtes françaises et a proposé à chaque responsable environnemental d’accompagner leur projet. L’enjeu est d’identifier, au regard du lien fonctionnel des oiseaux avec la zone, les impacts occasionnés sur l’avifaune marine. Cependant, en raison de la diversité des facteurs impliqués dans l’écosystème (espèce, site, météo, etc.), du caractère nouveau de l’activité en milieu marin et de l’amélioration technologique des aérogénérateurs, les menaces pour les oiseaux marins restent encore largement méconnues et l’évaluation des impacts engendrés par un projet n’est, à ce jour, pas exhaustive.

Il existe pourtant des mesures d’intégration environnementale mais leur efficacité dépend de nombreux facteurs. D’une manière générale, les migrateurs seraient plus touchés que les oiseaux sédentaires, qui eux s’accoutumeraient progressivement à ces structures mais il existe trop peu de données et de certitudes sur l’impact des parcs à l’égard de chaque espèce d’oiseaux marins. L’exigence de mesures environnementales suffisantes doit être d’autant plus respectée que les sites de projet éolien se situent à proximité de ZPS existantes (certains y étant même inclus). La vigilance ne doit pas être moindre envers les autres projets puisque certains se situent au voisinage de zones marines non-inclues en ZPS qui ont pourtant montré de forts effectifs d’oiseaux (FAME suivis côtiers, 2013). De plus, les impacts cumulatifs sur l’avifaune marine, résultante de toutes les activités humaines en mer, complexifient encore l’analyse des impacts engendrés par l’éolien offshore seul.

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